samedi 25 avril 2009

L'UEJF "ne rit plus"



Un opposant a pris à partie Ahmadinedjad.
Photo: AP , JPost

Trois organisations, dont l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), ont été exclues de la conférence des Nations unies sur le racisme, en raison de leur comportement jugé inacceptable, lors du discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad lundi, a annoncé jeudi l'ONU.

Outre l'UEJF, l'organisation Coexist et l'institut iranien Neda pour la recherche politique et scientifique, se sont vus retirer leurs accréditations à la conférence dite "Durban II" à Genève, a annoncé Rupert Colville, porte-parole du Commissariat des Nations unies pour les droits de l'Homme.

Lundi, l'UEJF avait perturbé le discours de Mahmoud Ahmadinejad, lui lançant un nez rouge et scandant "ceci est un cirque, un raciste ne peut pas combattre le racisme".

De son côté, l'institut Neda avait distribué des tracts pro-iraniens incendiaires aux participants à la conférence, a précisé Rupert Colville.

L'UEJF est amère après cette expulsion, dans un communiqué publié tôt jeudi matin et "ne rit plus". Mardi, 60 militants de l'UEJF déguisés en clowns avaient distribué des nez rouges dans l'enceinte de l'ONU, invitant à dénoncer la "bouffonnerie de Durban II".

"Des associations luttant contre le racisme et l'antisémitisme sont exclues de l'ONU, tandis que c'est la Lybie, l'un des pays les plus méprisants des droits de l'Homme, qui préside à la préparation de cette conférence et qu'un chef d'état raciste, antisémite et homophobe s'exprime à sa tribune," s'exclame l'UEJF.

Mahmoud Ahmadinejad a qualifié lundi Israël de "gouvernement raciste", déclenchant des incidents dans la salle de conférence et une vague de condamnations dans le monde.


http://fr.jpost.com/

vendredi 24 avril 2009

Le double échec de Durban 2



Par Guy Senbel
pour Guysen International News



Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur la deuxième conférence internationale sur le racisme organisée à Genève du 20 au 24 avril. Appelée « Durban 2 », la conférence a commencé la veille de « Yom HaShoah » en Israël, le jour de la commémoration des victimes et des héros de la « Catastrophe juive », le jour du souvenir de l’extermination des Juifs d’Europe.



Marquée par un discours virulent, provocateur et offensant à l’égard d’Israël, prononcé par le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad, l’ouverture de la conférence donna raison aux pays qui avaient décidé de ne pas se rendre à Genève. Echec pour les Occidentaux, dont Durban 2 a montré les divisions. La plupart quittèrent la salle en guise de protestation aux propos tenus par le Président iranien. Durban 2 est également un échec pour les pays musulmans qui souhaitaient voir adopter un texte final contenant plusieurs paragraphes consacrés à Israël, accusé de racisme et d’apartheid.


Le discours d’Ahmadinejad à Durban 2 suscite à nouveau l’inquiétude. Un discours antisémite, un discours antioccidental, largement applaudi par les pays musulmans, et bien d’autres encore parmi les pays des continents africain et asiatique. Certaines délégations, européennes pour la plupart, ont quitté la conférence. D’autres ont choisi de rester. Les pays occidentaux ont montré qu’ils étaient divisés sur l’attitude à adopter face à l’Iran qui maintient une ligne « antisioniste » très agressive, et poursuit une course au nucléaire sans complexe ni tabou.

« Ceux qui ont quitté la salle ne constituent qu’une petite minorité et une petite minorité peut-elle imposer sa loi aux peuples du monde ? » s’interrogeait Ahmadinejad après le tollé suscité par ses déclarations. En effet, la majorité des participants a applaudi lorsque le Président iranien a fustigé Israël, taxé d’Etat raciste, puis l’Occident, accusé d’avoir utilisé la Shoah pour affaiblir les Palestiniens…

Ce qui est inquiétant, c’est que Mahmoud Ahmadinejad continue de défendre la thèse indéfendable de la théorie du complot sioniste dominateur, qu’il réitère ses idées négationnistes, sans que rien, ni personne, ne le décourage. Il est reçu partout. Et la nouvelle administration américaine envisage un dialogue en direct avec l’Iran. Une première en trente ans. La Suisse, qui a reçu en visite officielle le Président iranien, s’étonne de la vive réaction d’Israël qui a rappelé son ambassadeur à Berne pour consultations…

L’autre échec de la conférence de Durban 2, c’est celui des pays musulmans qui n’ont finalement pas réussi à imposer des principes qui remettaient en cause l’esprit même de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme telle qu’elle a été rédigée par René Cassin en 1948.
La notion de diffamation des religions a disparu. L’Iran n’a pas réussi à faire supprimer le texte consacré à la mémoire de la Shoah. De même, l’Organisation de la Conférence Islamique n’aura pas réussi à sauver les passages consacrés au blasphème des religions et à l’islamophobie…
Profitant de l’absence de certaines délégations occidentales au cours de réunions préparatoires, la Lybie et la Syrie, avec l’Iran, souhaitaient modifier le texte élaboré par la commission, pour que soit adopté un texte plus radical sur le conflit au Proche Orient.
En réaction, les pays occidentaux ont menacé de quitter définitivement la conférence.

Pendant cinq jours, Durban a été le théâtre d’un discours propagandiste anti-israélien souvent agressif. Mercredi 23 avril, une réunion avait pour thème « Droits de l’Homme, discrimination et islamophobie », et les représentants des différentes délégations ont adressé leurs critiques exclusivement à Israël. La déclaration finale de la conférence réaffirme dans son premier paragraphe la Déclaration et Programme d’Action de Durban 1, qui contient notamment trois paragraphes consacrés au conflit israélo-palestinien, le distinguant ainsi des autres conflits mondiaux…

Pour faire oublier Ahmadinejad, et pour éviter les surenchères, les organisateurs ont décidé de proposer aux participants d’adopter le document final de la conférence dès le mardi 21 avril, trois jours avant la date prévue.

Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, soldat de Tsahal et citoyen français, otage du Hamas à Gaza depuis 1035 jours, et 1035 nuits

jeudi 23 avril 2009

Ahmadinejad, une brute. Même l'Union Européenne l'a compris



Fiamma Nirenstein
Il Giornale
Texte original : "Ahmadinejad, un uomo belva. L’ha capito anche la Ue"
Traduction française : D.G., pour upjf.org

Et maintenant, s'il vous plaît, représentants de la France, de la Norvège, de l'Angleterre, ne retournez pas dans cette salle. Restez en dehors de ce piège antisémite de Durban II, abandonnez pour toujours la marée noire des paroles d’Ahmadinejad, qui, à l’ouverture de la conférence, a fait à nouveau une prédication de haine et de destruction. Et pardonnez-moi, mais l'Italie ne peut que vous dire aujourd'hui : nous vous l'avions dit. Et elle peut aussi ajouter : ce n'était pas facile de vaincre le tabou de l'ONU, la vache sacrée qui, quand elle sonne le ralliement de ses troupes, exige toujours une réponse conformiste, un garde-à-vous au nom de la rhétorique universaliste ; et l'ONU a continué ici, à sonner le ralliement de ses troupes, la trompette de la bataille contre le racisme, une bataille si importante pour nous tous.

Mais nous, qui ? Il était clair que, pour les commissions qui rédigeaient le document préparatoire, pour les violeurs en série des droits de l'homme, l'Iran et la Libye, le racisme était une pure excuse, comme ce l'avait été à l'époque de Durban I.

Nous qui y croyons, nous qui vivons dans des démocraties, nous qui pensons vraiment que le droit et l'intégrité morale doivent illuminer notre chemin, nous voulions une conférence contre le racisme, partagée aussi par le reste du monde, mais cela n’était pas possible. Ce monde est en fait dominé par des dictatures et par la violence, et pratique le racisme, aussi bien ethnique que religieux. L'Italie, cependant, a eu du courage. À Genève, qui, au temps de la première ébauche de droit international humanitaire en 1864, a travaillé dur à l'occasion de nombreuses conventions pour aider à faire de la lumière dans le monde, dans cette même ville donc, on est en train de préparer une conférence de confusion et de haine, contre Israël et aussi contre les États-Unis, malgré Obama, comme on l'a vu hier dans le discours d’Ahmadinejad.

Que ce soit clair : la conférence est, en réalité, une fanfare militaire en faveur du terrorisme, celui de l'ère nouvelle d'Ahmadinejad. L'Italie a su lire l'histoire et le présent, et a compris qu'aller à Genève était un gros risque moral et politique. À Durban I, les cortèges des ONG marchaient sous l'effigie de Ben Laden. Quatre jours après la fin de la conférence, il y eut l'attaque contre les Tours Jumelles de New York.

Cette conférence de Genève a en fait commencé dimanche par une réunion de diverses ONG qui projetaient "un mouvement de résistance européenne" sur les traces du Hezbollah et du Hamas. Ensuite, pour la partie officielle, Ahmadinejad est arrivé : à Genève comme à Durban, le programme est ambitieux. Des forces considérables veulent lancer, sous l'égide de l'Onu, une immense campagne antisémite, sur fond des nouvelles ambitions atomiques iraniennes, afin de fournir la caution de l'Onu à l'objectif de destruction d'Israël. La sortie de l'Italie avait contribué à obtenir comme résultat un document, d'origine surtout hollandaise, qui aurait pu, moyennant un peu plus de travail, être accepté par tous, si seulement l'Europe l'avait soutenu à l'unisson. Le document ne formulait pas d’identifications criminelles univoques entre Israël et le racisme ; il n'empêchait pas la liberté de critique des religions pour défendre l'islamisme ; n'empêchait pas de définir l'homophobie comme un préjugé raciste.

Si seulement l'Europe qui dans ses assemblées, à Bruxelles et à Strasbourg, coupe les cheveux en quatre pour défendre les droits de l'homme de chaque minorité, avait fait bloc pour soutenir son document, peut-être qu'alors la conférence contre le racisme aurait pu avoir lieu en tant que telle, et cela n'aurait certainement pas été un mal. Mais l'Europe a eu peur : d'un côté, la surenchère des positions de la partie islamiste et anti-occidentale, l'Iran, la Libye, ont rendu le document antiraciste impossible même pour Obama ; d'autre part, la France et l'Angleterre ont craint la fureur de leurs banlieues et des quartiers islamistes londoniens, et ont pensé à leurs voyages d'affaires dans le monde musulman. Quant à l'Allemagne, ce n'est pas un hasard qu'elle a réussi, à la fin, à aborder le refus de la conférence : la Présidente Merkel donne de bons conseils, le rapport à Israël est investi de souvenirs [?] et cela l'a sauvée.

Ici, s'est réalisée la destruction de l'illusion que le langage des droits de l'homme pouvait être un langage universel.

Un important élément d'espoir se trouve, ironie du sort, dans la courageuse décision des délégations jordanienne et marocaine, de quitter la salle avec les pays européens. Une décision qui, même si elle est aussi le fruit d’une peur, celle de la confrontation avec Téhéran, est quand même profonde et motivée.


Fiamma Nirenstein

© Il Giornale

Mis en ligne le 23 avril 2009, par M. Macina, sur le site upjf.org

Enjeux internationaux. Fallait-il participer à Durban II ?

Claude Goasguen
Député
Collège Académique de Netanya
Netanya, mars 2009



PLAN DE LA CONFÉRENCE
L’opinion française et Israël après la crise de Gaza
* Une réprobation moins univoque ? ( 08m 22s )
* L’hostilité du Quai d’Orsay. Un antisémitisme de tradition ( 06m 49s )
* Il ne faut pas aller à Durban II. La culture des droits de l’homme y est battue en brèche ( 21m 31s )



Voir et entendre sur AKADEM : http://www.akadem.org/

mercredi 22 avril 2009

Déshonneur à Genève





France-Israël constate avec amertume et profonde inquiétude que c’est l’esprit d’abandon de nos valeurs fondamentales qui a guidé l’attitude de nos autorités à Genève à l’occasion de la Conférence intergouvernementale dite Durban II sur le racisme. S’il fut convenable de quitter la conférence pendant l’abominable intervention du sinistre et criminel Ahmadinejad, il eut été préférable de ne pas y aller : le désastre était annoncé par la composition de la commission préparatoire dominée par ces « champions » de défense des droits de l’homme que sont la Lybie, l’Iran, Cuba et le Pakistan...


Il est totalement indécent de persévérer dans le prétendu sauvetage des « avancées » contenues dans le projet de déclaration finale de cette conférence.

Il est consternant, pour notre pays, d’entendre, M. Kouchner, ministre des Affaires étrangères déclarer : « Ce n’est pas un échec, mais le début d’un succès ».

Quel succès ? Quelle avancée contre le racisme ? Contre le génocide des Chrétiens et des Noirs au Soudan ? Contre la persécution des Chrétiens dans l’ensemble du monde arabo-musulman ? Contre les exécutions sommaires de Palestiniens massacrés par le Hamas, contre les discriminations raciales et violations des Droits de l’homme, contre les pendaisons publiques et lapidations en Iran, contre les mains coupées en Arabie Saoudite ? Quel succès contre la proclamation ex-cathedra du négationnisme et de la volonté d’anéantir Israël, État membre de l’ONU ? Quel succès dans la lutte contre la discrimination des femmes ?

... Sans compter l’offense à l’intelligence et à la vérité qui consiste à tout focaliser contre Israël.

Monsieur le ministre Kouchner a assisté sans clamer son indignation à une régression de la civilisation. Il a baissé la garde de la défense de l’universalité des Droits de l’homme.

Est-ce l’honneur de la France ?

mardi 21 avril 2009

«Durban II est un cirque: autant porter une perruque»



Un des manifestants de l'UEJF expulsé de la salle de conférences de l'ONU, ce lundi à Genève.
(REUTERS)
INTERVIEW Raphaël Haddad, président de l'Union des étudiants juifs de France, revient sur son expulsion de la salle du Palais des Nations de l'ONU, ce lundi à Genève.

Recueilli par FRANÇOIS MEURISSE


Coiffé d’une perruque, vous avez lancé un nez rouge vers le président iranien Ahmadinejad à la tribune de la Conférence de l’ONU sur le racisme à Genève ce lundi. Pourquoi?

Tous simplement parce qu’à l’Union des étudiants juifs de France, cela fait plusieurs mois que l’on déplore une situation grotesque avec Durban II. Imaginez, on a là une conférence dont la présidence revient à un pays qui viole systématiquement les droits de l’homme, à savoir la Libye. Dans la commission de préparation il y avait des pays comme l’Iran ou Cuba, à la tribune pour l’ouverture, il y a un type raciste, xénophobe et antisémite qui serait en prison ou au moins devant la justice en France. Tout cela est une mascarade, un cirque. Alors autant en porter les apparats: une perruque et un nez rouge.

Comment vous y êtes-vous pris pour approcher le président iranien?

Ça a été assez simple. A l’UEJF, nous sommes accrédités comme organisation pour la conférence. Le seul endroit où on n’avait pas le droit d’aller, c’est au pied de la tribune mais on a marché dans l’allée et on a pu s’approcher. Nous étions une dizaine. Nous avons crié «raciste, raciste», j’ai pu jeter un des nez rouges que j’avais dans la poche et les gardes de l’ONU m’ont expulsé manu militari quand j’étais à deux mètres d’Ahmadinejad. On a été chaudement applaudi par une partie de l’assistance tandis que l’autre restait silencieuse. Au-delà de l’anecdote, on a pu faire passer le message que cette réunion était une bouffonnerie.

Pendant des mois, il y a eu un long débat dans certains pays, qui ne sont pas des soutiens d’Ahmadinejad, sur l’utilité de se rendre ou non à la conférence. La France a ainsi choisi de ne pas la boycotter. Que reprochez-vous à cette position?

La France s’est en effet battue sur certaines lignes rouges avant la réunion. Mais on l’a vu les lignes rouges ont été franchies avec le discours d’Ahmadinejad, je ne reviendrai pas sur le contenu. Quand la logique est pervertie dès le départ, on ne peut pas sortir gagnant et quand on ne peut pas gagner, il faut ne pas y aller pour, au moins, ne pas perdre. Une réunion présidée par Khadafi, responsable du calvaire des infirmières bulgares, était pervertie d’avance. Il fallait dénoncer la grossièreté de la chose. Il fallait avoir une position ferme, une position de principe comme le Canada, Israël et les Etats-Unis qui ont finalement choisi de ne pas venir. Si on entre dans la logique, on est forcément mystifiés.

Avez-vous prévu d’autres actions?

Oui. Ahmadinejad est parti mais la conférence se poursuit. 70 militants sont arrivés ce matin à Genève. Nous rentrons peu à peu dans la salle et nous comptons organiser cette fois une distribution de nez rouges. Nous en avons 2000. Même si on ne peut en distribuer que la moitié avant d’être expulsés, ce sera bien.

La Syrie dope sa défense anti aérienne grâce à la Russie

Michael Colaone


La nouvelle est prise avec beaucoup de précautions par les services de renseignement militaire américains mais il se pourrait bien que comme ses voisins libanais, iraniens et israéliens la Syrie soit en train de renforcer son système de défense anti aérien. Nous avons déjà abordé la question sous l'angle iranien puisque le pays est en train de recevoir des S-300 russes ce qui a entrainé une réaction sévère du camp israélien qui voudrait bien se doter en conséquence du fleuron américain, le F22 Raptor. Des S-300 qui aujourd'hui ne sont pas encore livrés, Moscou jouant la montre en multipliant les effets d'annonce contradictoires. Il faut dire qu'il s'agit de protéger les installations nucléaires locales éventuellement contre des raids aériens américains et israéliens. Le Kremlin attend peut-être aussi les élections à venir qui pourraient bien tourner en faveur des modérés. Nous avons également consacré plusieurs articles au don fait par Moscou au Liban d'une dizaine de MiG-29 ce qui place le pays au centre des intérêts de puissance russes mais qui jette aussi de l'huile sur le feu alors que finalement c'est toute la région qui semble améliorer sa défense anti aérienne.



C'est le patron des services de renseignement militaire qui a fait l'annonce de la préparation par Moscou pour la livraison d'une douzaine de MiG-31E et MiG-29M/M2. Une commande qui aurait été passée par Damas alors même que certaines voix en Syrie se sont élevées pour mettre en lumière le manque de contrôle sur l'espace aérien syrien. La rumeur circule cependant depuis 2007 mais la déclaration de Michael D. Maples (DIA) devant une commission officielle donne un véritable coup de fouet à ce qui n'était hier encore que des bruits de couloir.


Rappelons que la Syrie possède contrairement à son voisin libanais une force aérienne d'une vingtaine d'appareils. Le choix des MiG-31 peut donc paraitre étonnant et est critiqué au sein même de la communauté syrienne. Cependant, c'est pour son radar PESA (Passive Electronically Scanned Array) que Damas aurait finalement choisi le chasseur conçu dans les années 80. Nous le disions plus avant, le problème syrien réside plus dans son manque de système de détection que dans sa force de frappe. Ainsi, le MiG-31 permettrait la détection d'appareils à basse altitude.


La réelle surprise peut venir du fait que la Syrie semble avoir commandé ses appareils en neuf et non pas d'occasion. L'armée russe stocke pourtant plusieurs de ces appareils. Les avions seraient, toujours selon Michael Maples en cours de fabrication à Nijni Novgorod. Une commande estimée à une douzaine d'appareils mais pour l'instant, seulement cinq à huit MiG-31E seraient en cours de production.


Outre la capacité de détection du radar du MiG, la Syrie aurait put choisir l'avion russe en fonction des compétences de ses pilotes. En effet, les pilotes syriens sont déjà qualifiés sur du matériel russe pouvant voler à MACH 3. Contrairement à d'autres problématiques, dans le Golfe notamment, les syriens ont peut-être joué la carte de la réserve en termes économiques.


Toujours est-il que les MiG gardent une bonne capacité de combat suivant les équipements embarqués. Ils pourraient donc aussi servir comme outils de dissuasion face à Israël ou demain, face aux MiG libanais.


Le ton monterait-il dans cette partie du monde ? On ne pourra que déplorer que le récent rapprochement entre la Syrie et la France au travers notamment de l'Union pour la Méditerranée n'ait pas joué en faveur de l'industrie française que ce soit pour ses chasseurs ou ses systèmes anti aériens.