mercredi 3 juin 2009

Allo, Poissy ? Ne quittez pas



Le terroriste Carlos, emprisonné à Poissy, a téléphoné lundi à Dieudonné en plein meeting électoral pour apporter son soutien au combat de la liste "anti-sioniste" aux européennes, déclenchant des applaudissements enthousiastes. Déjà, Carlos avait adressé une carte le 24 mai à la liste "anti-sioniste", l'assurant de son "vote symbolique".
Yahia Gouasmi, dirigeant du centre chiite Zahra, colistier de Dieudonné, a déclaré avoir eu un contact téléphonique avec le Hamas et le Hezbollah. (AFP)

Allo, Carlos ?

Ca me fait super plaisir de t’avoir, mon pote. C’est Dieudo.

Dieudonné… d-i-e-u-d-o-n-n-é… C’est pas grave, on fera connaissance plus tard…

Si tu savais depuis combien de temps je parle de toi à mes collègues !

Alors voila… oui oui, j’ai bien reçu ta carte…Tu penses, La Poste, ca marche toujours en France…

Remarque, je vois que ça marche aussi en prison…c’est super… hein ? hein !

Oui, je sais, un vote « symbolique ». Je sais que tu fais ce que tu peux. Personne n’en doute ici.

Ben oui, ca me donne une idée, ça… faire voter les prisonniers… nan, tu penses… pas pour les Européennes, j’suis pas fou ! Ca servirait à rien… Mais pour mon prochain gouvernement… je dis pas…

(Dieudonné se tourne vers le public)

Hé, les gars, …sileeeeence, …. sileeeeeeeeeence …

hé, c’est Carlos au téléphone. Mais si, puisque je vous le dis. (ovation)

Tout le monde est là, Carlos, on peut y aller. Quoi, ta femme ??? Ah ben, elle aussi. Elle a pu se libérer une heure ou deux.

En ce moment, elle rigole pas, j’te jure. Elle défend la bande de barbares qui a assassiné un juif. Tu te souviens ? Si, en France… pas loin d’ici… Ils lui en font voir, tu sais !

Quoi ? Mais non, calme-toi, pas les barbares… les Juifs…

Ouais, t’as raison…ça m’étonnes pas, moi non plus…

Alors dis donc, j’voulais te dire… ben oui, on se magne, j’voudrais pas faire pêter ton forfait… Ah, c’est gratos ?

Ben t’as d’la veine, toi ! Oui, ‘scuse-moi, façon de parler…

(Dieudonné regarde sa montre)

Je sais aussi que t’as pas si souvent l’occasion de causer. Oui, j’suis là… j’t’écoute…

Mais non, ça me gêne pas ! Vas-y, dis toujours… (silence)

Ah non, là, … attends, j’enlève le haut-parleur….

(il chuchote) Je crois que ca va pas être possible…. Ben, si tu veux…c’est qu’il est en pleine campagne, lui aussi. L’est un tantinet occupé, le gars… Je sais bien que tu as des choses à lui dire… Mais c’est pas la question ! Mais ce que j’veux dire, c’est qu...

Ton virement ? Quel virement ? Ah, il l’a pas fait ce mois-ci ?

Attends, du savon, j’peux t’en prêter, si y a que ça…

L’abonnement à Canal ? Oui, j’peux voir aussi…

(Dieudonné appelle Alain Soral d’un claquement de doigt et, une main sur son portable, il lui chuchote) « il a pas reçu son fric ! Y veut rien faire de plus ».

Non, écoute… Caaaarlos, Caaarlos, écoute-moi… j’veux juste te dire que…. c’est pas d’la mauvaise foi…. Mais je le connais pas plus que ça…

On s’est croisé…oui, je sais… on a des amis communs… Et il est pas à l’aise lui non plus, tu sais… on dit des tas de choses, mais j’peux te dire, moi qu’il galère…

Non, pas pour les élections, ça c’est plié… T’es con, quand tu t’y mets… T’as rien perdu en taule, hein ?

Tiens, y a mon copain chiite qui arrive, j’vais lui demander…

Hé, Yahia, C’est Carlos et…. Mais non, pas derrière toi ! Au téléphone… Lui aussi, j’te jure… J’sais pas ce qui m’a pris de me mettre avec des branques pareils…

Alors, voilà, y voudrait faire passer un petit message à qui tu sais parce que l’autre, ca fait longtemps qu’il a pas donné de… nouvelles (il frotte son pouce contre l’index).

Alors, voilà… c’est bien ce que je pensais… ben voilà… Carlos, Carlos, arrête un peu de parler… Gouasmi est devant moi et il me dit qu’il faut que tu sois patient…

(il éloigne le téléphone de son oreille en plissant les yeux)

Crie pas comme ça, Bordel… Mais j’y peux rien, moi… Ecoute, on va être clair… Ahmadinejad, faut le laisser peinard pendant encore 3 semaines. Là, il est au turf !

Après, je dis pas… avec une bonne délégation européenne, je t’arrange le coup. J'pourrais pas y aller ? Et l'immunité parlementaire, ca te dit kek chose ?

Mais, attends, j’ai une idée, quitte pas…. Gouasmi, tu pourrais pas… avec tes copains, les autres, là…..oui, si tu veux… moi j’appelle ça des dégénérés, mais tu fais comme tu veux…

Hé Carlos, on vient d’avoir une super idée… Si tu veux, on te met en contact avec le Hamas et le Hezbollah ! C’est pas une bonne idée, ça, hein, hein, hein ????

Mais si, tu parles… on cause avec eux tous les jours… Des clampins ? Heu, j’crois peut-être que l’air de la centrale t’as un peu amolli, là…

Des clampins… Peut-être pas quand même !

Bon, y sont pas fins… pas tous… et y se débinent vite fait devant le danger…. Oui, c’est pas faux, m’enfin quand même…

Oui, derrière les femmes… Oui, t’as raison… de toute façon, on s’en fout, hein, mon pote… peuvent faire sauter ce qu’ils veulent, du moment que c’est pas dans mon théâtre, alors là, j’vais te dire…

Et puis y me semble que t'as pas hésité, toi non plus ...OK OK, j'dis rien...t'as raison, on est peut-être sur écoute...

Oui, donc, Gouasmi, y vient de recevoir un coup de fil du Hamas et du Hezbollah… Siiii, y a 10 minutes, à tout casser ! Un hasard !

(se tournant vers Gouasmi) Et le Fatah, t’as pas essayé ?

Non ? j’m’en doutais… Putain, les mecs, c’est pour des élections…faut ratisser large… vos émois de vierges, j’en ai rien à secouer, moi…

Quoi, y sont corrompus ? Et alors, c’est la première fois que ça te gêne, ça !

Bon, écoute, Carlos… Ah merde, la musique…il a pris un forfait bloqué…

Carlos, Carlos, (il secoue le téléphone) si tu m’entends, je vois ce que je peux faire pour tes petits problèmes de fric... on a des copains, on te laisse pas tomber…

Et quand tu sors, tu viens à la maison…

Ah là, ca y est, je t’entends … c’est bon… oui, je disais, "quand tu sors, tu viens à la maison"…

Oui, pas tout de suite… je sais !

Allez, courage, mon pote… y a mon bus qui attend…

(Dieudonné remet le portable dans sa poche et se dirige vers le bus qui klaxonne)

J’arrive, j’arrive… Ouais les gars, j’veux bien… mais là, c’était de la politique internationale, alors hein… La ferme !

Toi, la petite grosse, derrière, aussi… Put…vous allez voir… quand nos copains du Hamas seront là, vous les femmes... Enfin, j’me comprends.


© Primo, 2 juin 2009